Les Mondes anticipés est un festival où scientifiques, prospectivistes et artistes interviennent, dans le but de développer chez les visiteurs une culture de l’anticipation au service de la construction d’avenirs désirés et souhaitables pour les générations à venir.

La saison 2, « Le corps dans tous ses états » est consacré au thème des corps biologiques, sociaux, numériques. Des projections de films et des tables rondes pour s’interroger sur la société qui se dessine au travers des innovations touchant nos rapports à la santé, à la connaissance, à la citoyenneté, à l’économie.

Évènement gratuit à la Cité des sciences et de l’industrie.

 

Programme : Le corps dans tous ses états !

Biologiques, sociales, numériques : faut-il avoir peur des mutations annoncées ?

 

Samedi 26 novembre

  • 12h30 à 13h20 : ouverture en présence de Pénélope Komitès, adjointe à la Maire de Paris en charge de l'innovation, de l'attractivité, de la Prospective Paris 2030 et de la Résilience, Christian Gatard et Olivier Parent, organisateurs. 
     
  • 13h30 - 14h20 : Table ronde « La citoyenneté est-elle soluble dans le numérique ? » 
    Invités : Sylvane Casademont, directrice IHEST ; Luc Dellisse, auteur, scénariste et membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique ; Lorenzo Soccavo, prospectiviste, Catherine Dufour, autrice ; modération : Christian Gatard
    Que le citoyen l’accepte ou non, les gouvernances contemporaines s’engagent plus que jamais sur les voies de la dématérialisation. Elles s’appuient sur l’émergence de réglementations nationales ou communautaires sensées protéger l’individu. Mais, au sein de cette marée d’innovations (techniques) et de mutations (d’usages), comment s’y retrouve ce dernier ? La dématérialisation améliore-t-elle le fonctionnement de l’État ? Renforce-t-elle son implication ? L’abstention électorale qui ne cesse de croître témoigne plutôt d’un désengagement. Alors, au temps de la dématérialisation qui semble inéluctable, comment renforcer le rôle de l’individu au sein de la communauté ? 
     
  • 14h40 -  18h05 : Projection et décryptage du film Minority Report de Steven Spielberg (d'après une nouvelle de Philip. K. Dick), 145 min, Etats-Unis, 2002
    Invités : Jeanne L'Hédéver, journaliste ; Sylvie Dallet, professeur des universités, présidente de l’Institut Charles Cros ; Thomas Michaud prospectiviste ; modération : Damien Douani, journaliste. 
     
  • 18h10 - 19h00 : Table ronde « Santé : où s'arrête le soin, où commence l'augmentation ? » 
    Invités : Christian Recchia, Médecin ; Chloë Lussange, biomiméticienne ; Fantine, youtubeuse scientifique; Guillaume Loublier, acteur ; modération : Olivier Parent.
    Pour certains, le soin est un des signes qui sont le propre de l’humanité. On pourrait ainsi dire que la société humaine débute quand l’un de ses membres se brise un fémur et en guérit, sans mourir de faim, sans servir repas à des prédateurs parce que la communauté aura pris soin de lui… Pour d’autres, le soin est déjà une forme d’amélioration, de transhumanisme : prothèses diverses et variées, lunettes, vaccins… Alors, comment marquer, de manière plus ou moins objective, la limite entre la notion de soin et celle d’augmentation ? Et d’ailleurs, faut-il nécessairement marquer cette différence ? Et puis, la nature humaine est-elle une notion figée ? À l’échelle de l’humanité, l’évolution avance de manière imperceptible. Doit-on accélérer cette évolution à coups de modifications, d’améliorations génétiques ? Et pour évaluer la notion d’augmentation, des aspects de la question tels que le service rendu, le confort, la mode, le marketing… doivent-ils être pris en compte ? 
     
  • 19h15 - 22h00 : Projection et décryptage du film Bienvenue à Gattaca d'Andrew Niccol, 106 min, Etats-Unis, 1997
    Invités : Jacques Arnould, expert éthique CNES ; Marcus Dupont-Besnard, journaliste ; Bénédicte Coudière, journaliste ; Manuela de Barros, maîtresse de conférences en philosophie, esthétique et théories des arts à l'université Paris 8 ; modération : Thibault Renard, Cybercercle 

 

Dimanche 27 novembre

  • 12h00 - 12h50 : Conférence « Les artistes du futur seront-ils des fripons divins, des « tricksters » ? » par Christian Gatard, prospectiviste
     
  • 13h00 - 13h50 : Table ronde exploratoire « Quel mode de régulation sociale doit-on appliquer aux métavers ? »
    Invités : Michel Saloff-Coste, directeur de la prospective, université catholique de Lille, ; Vincent Lorphelin, Think tank du métavers européen ; Axelle Lemaire, directrice déléguée de la Croix-Rouge française ; Ariel Kyrou, essayiste ; modération : Olivier Parent
    Le métavers… le métavers !!! On n’a jamais autant entendu parler du prochain avatar des mondes virtuels persistants que depuis ces deux ou trois dernières années. Les divers confinements ont-ils joué un rôle dans l’émergence de ces Eldorados virtuels ? Peut-être… En tout cas, le changement de nom de Facebook en Meta a braqué les feux de l’actualité sur un domaine d’activité qui promet beaucoup (trop ?) sans que, du côté du grand public, on ait encore vu grand chose… Et, si les comportements de certains de nos concitoyens, sur les réseaux sociaux, ne laissent présager rien de bon… d’autres observateurs, libertaires, anarchistes, n’envisagent les métavers que interopérables et libérés de la mainmise commerciale et marketing des éditeurs/opérateurs (Meta, Apple, Google…). Ce seraient quelques conditions parmi d’autres pour voir émerger, dans les métavers, la créativité et l’essence même de la vie, le chaos, dans le sens de non-déterminisme. Enfin, d’autres appellent les responsables politiques à investir ces espaces virtuels pour y appliquer la loi, y exercer la souveraineté de l’État, pour la protection des citoyens et des communautés ? Alors, qui a raison ? 
     
  • 14h00 - 17h20 : Projection et décryptage du film Ready Player One de Steven Spielberg (d'après le roman éponyme d'Ernest Cline), 140 min, 2018, Etats-Unis
    Invités : Raphaële Bidault-Waddington, artiste et prospectiviste  ; Camille Rouge, cheffe de projet Innovation publique, Direction interministérielle de la transformation publique (DITP); Rémi Sussan, journaliste ; Sylvain Cavalier, youtoubeur ; modération : Thibault Renard, Cybercercle
     
  • 17h30 - 18h20 : Table ronde « Progrès : la surenchère technologique est-elle inéluctable ? » 
    Invités : Chloë Lussange, biomiméticienne ; Antoine St. Epondyle, journaliste ; Sébastien Lepaul, physicien - EDF ; Delphine Lalu, CESE ; modération : Bénédicte Coudière, journaliste
    Un des plus grand hold-up linguistique de ce début de XXIème siècle (débuté au siècle précédent) est la substitution du mot « progrès » par celui d’innovation. Afin de comprendre ce que cela change, on peut assimiler l’innovation, devenue principalement technologique, à un virus, dans la mesure où celui-ci ne s’emploie qu’à une seule tâche : assurer l’émergence de la génération suivante, quitte à détruire son hôte… La comparaison peut paraître mal venue dans notre monde post-Covid, il n’en demeure pas moins, que les lois du développement, du financement, de la commercialisation d’une innovation et celles du marketing font que si une innovation ne met pas tout en œuvre pour se diffuser, pour occuper l’écosystème économique qui lui est théoriquement accessible, elle sera vraisemblablement supplantée par une autre innovation. Alors, peut-on revenir à une notion de progrès technique, qui se trouverait décorrélée des notions commerciales et de concurrence ? Mais, comment faire ? Et, comment, à l’inverse, accélérer et rendre virales les innovations sociales, environnementales, collaboratives ? 
     
  • 18:30 à 19:00 : Clôture

 

 

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